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Un des premiers cas de "hacking" jugé à Tours en 1837 : l'affaire du piratage des télégraphes

En 1837, le procès de Louis et François Blanc, deux hommes d’affaires bordelais se tient à Tours. Ils sont accusés d’avoir piraté entre 1834 et 1836 le réseau du télégraphe Chappe afin de connaître avant tout le monde les cotes de la bourse.

Les pièces du procès jugé en cour d’assises ont été numérisées et sont consultables en ligne (2U235 et 2U236) 

Le télégraphe Chappe

Depuis la Révolution, la France dispose d'un réseau étendu de télégraphie optique. Le télégraphe Chappe (ou télégraphe aérien) est un moyen de communication visuel par sémaphore, sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres, mis au point par Claude Chappe en 1794. Les sémaphores sont en général placés sur des tours dites tours Chappe comme ici.

Les messages sont transmis de manière codée selon la position donnée par les pièces de bois pivotantes placées dans la partie supérieure.  Les stationnaires relayaient les messages observés à la lunette en actionnant le mécanisme mais n’en connaissaient pas la signification.

Extrait du plan cadastral napoléonien de Ports-sur-Vienne (6NUM10_187_003)

En Indre-et-Loire, les tours Chappe, construites, tous les 15 kms, sont installés dans les communes de Saint-Ouen-les-Vignes, Pocé, Vouvray, Rochecorbon (Saint Georges), Tours, Chambray-les-Tours, Monbazon, Sorigny, Sainte-Catherine de Fierbois, Sainte-Maure-de-Touraine, Maillé, Ports-sur-Vienne. 

Les plans cadastraux gardent parfois en mémoire l’installation de ces tours Chappe, comme à Ports-sur-Vienne. 

  

Son usage reste réservé aux communications d'État. Mais la télégraphie optique demeure une technologie imparfaite. Les messages ne peuvent être expédiés pendant la nuit ou lorsque la météo ne permet pas une visibilité suffisante. Même dans des conditions optimales les erreurs sont fréquentes. Les agents télégraphiques sont tenus de relayer tous les signaux dont ils peuvent avoir connaissance, même s'ils n'ont pas de sens immédiat. Les messages sont ensuite recomposés à la fin de l'expédition ou lors d'étapes. Dans le cas de la ligne Paris-Bordeaux, les messages en provenance de la capitale étaient recomposés une première fois à Tours. 

C’est cette fragilité du système qui va rendre possible le piratage des frères Blanc. 

 À consulter

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