Historique et missions
La vie des hommes et des institutions laisse une infinité de traces, écrites, iconographiques, sonores, audiovisuelles ou informatiques désormais. Ces traces sont des sources essentielles pour retracer l'histoire familiale ou locale, faire des recherches administratives...
Fruit et reflet de l'activité des hommes, ces documents font partie du patrimoine national au même titre que les monuments historiques.
Ils servent à la gestion courante des institutions et services, à la justification des droits des citoyens et à la recherche historique.
Qu'est-ce-que les archives ?
La définition légale des archives est donnée par l'article L 211-1 du Code du Patrimoine promulgué en 2004 : « Les archives sont l'ensemble des documents, y compris les données, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l'exercice de leur activité ».
Contrairement à une idée courante, les archives ne sont pas seulement des « vieux papiers ». Tous les documents produits par les administrations sont, dès leur signature ou leur achèvement, des documents d'archives. Appartenant au domaine public mobilier, ils sont créés, utilisés, modifiés, délaissés et parfois oubliés sans jamais perdre leur statut spécifique.
Tout ce qui est produit par l'administration n'est heureusement pas conservé. Seuls se retrouvent aux Archives départementales les documents ayant un intérêt administratif et/ou historique.
Les missions des Archives départementales
- Aider les administrations à maîtriser leur production de documents à la source. Des outils méthodologiques sont produits, qui précisent la durée de conservation en fonction des nécessités réglementaires.
- Collecter les archives publiques, que les administrations sont tenues de conserver pour l'histoire, mais aussi des archives d'origine privée provenant de familles, d'associations, d'architectes ou d'entreprises etc.
- Conserver ces documents dans de bonnes conditions matérielles et climatiques et prévenir les risques. Restaurer les documents s'ils sont endommagés, les numériser pour les préserver.
- Classer, analyser et décrire les dossiers selon des normes internationales et publier des instruments de recherche. Les instruments de recherche sont le point d’entrée d’un chercheur dans les archives.
- Communiquer ces archives à toute personne qui en fait la demande. Tout citoyen a un libre accès à la salle de lecture. La communication se fait en salle de lecture mais aussi de plus en plus via internet grâce à la mise en ligne.
- Mettre en valeur ce patrimoine écrit et figuré sous toutes ses formes, le faire découvrir au plus grand nombre par des expositions, des ateliers pédagogiques, des aninmations ludiques et des publications.
Histoire des Archives d'Indre-et-Loire
Le 20 avril 1790, une proclamation du roi ordonne la réunion de tous les papiers des administrations de l’Ancien Régime aux chefs-lieux des districts et des départements nouvellement créés. S'y ajoutent très vite les documents provenant des établissements ecclésiastiques nationalisés et des établissements supprimés (corporations, collèges…), conformément à la loi du 5 novembre 1790 sur la vente des biens nationaux. Plus tard, les papiers des nouvelles administrations (départements puis préfectures, districts, tribunaux…) viennent rejoindre cette masse documentaire.
En brumaire an 5 (octobre 1796), toutes ces archives sont réunies dans les locaux de l’ancienne Intendance. Un archiviste est nommé. C’est la naissance des Archives départementales. En 1800, les archives sont placées sous la responsabilité du préfet.

En juillet 1818 elles sont transportées au rez-de-chaussée de l’aile occidentale de la « nouvelle préfecture » installée dans les locaux de l’ancien couvent de la Visitation depuis 1805.
En raison de l’exiguïté et de l’humidité de ces locaux, elles sont transférées en 1863 dans les salles du premier étage, occupées jusqu’alors par la bibliothèque municipale.
En 1888, grâce à la persévérance de l’archiviste Charles Loizeau de Grandmaison, un bâtiment spécifique « de pierre et de fer » est construit entre la place et le jardin de la préfecture. Équipé de 2600 mètres de rayonnages, il est rapidement saturé et le premier étage de la préfecture est à nouveau réquisitionné pour héberger des archives.



Durant la guerre 1939-1945, les archives sont dispersées dans tout le département pour les mettre à l’abri. En 1955, le Conseil général d’Indre-et-Loire vote les crédits nécessaires à l’acquisition d’un terrain pour l’édification d’un nouveau bâtiment d’archives situé près du rempart gallo-romain à Tours. Construit par les architectes Chalumeau et Barthélémy, le nouveau dépôt de huit niveaux, conçu pour accueillir 15 kilomètres linéaires d'archives, est inauguré le 6 décembre 1958 (pour lire le discours d'inauguration cliquez ici).

Dès les années 1970, les nouvelles exigences liées aux besoins de conservation et à l’augmentation de la masse d’archives produites à partir de la deuxième moitié du 20e siècle rendent ce bâtiment inadapté à sa fonction. Le 19 décembre 1984, le Conseil général décide de construire un centre dédié aux Archives contemporaines et à l’histoire locale sur la commune de Chambray-lès-Tours, à la périphérie de Tours. Il est équipé de 23 kilomètres linéaires de rayonnages et une réserve foncière est constituée afin de permettre des agrandissements ultérieurs du bâtiment.
Celui de Tours reste le siège de la direction des Archives départementales et le lieu de conservation et de consultation de la majeure partie des fonds antérieurs à 1940. Il bénéficie de travaux de rénovation, de restructuration et de remise aux normes de juin 1996 à juillet 1997.
Ces deux bâtiments, reliés par une voie autoroutière, sont des sites de plein exercice disposant de toutes les fonctionnalités propres à un service d’archives : espaces de communication, de conservation et d’administration. Celui de Chambray-lès-Tours dispose, en outre, de locaux techniques (atelier de reliure et laboratoire photographique).


Une salle de lecture unique
Depuis le 1er janvier 2014, une salle de lecture unique accueille le public à Tours : elle est située au Centre des Archives historiques, 6 rue des Ursulines à Tours. Un système de réservation de documents à distance permet d'y consulter ceux conservés dans le bâtiment de Chambray-lès-Tours.